Air n° 12 : Arrêtez, misérables !
Les jeunes filles invoquent leur puissant père.
| Mabel s’avançant — Récitatif Arrêtez, misérables ! Vous prétendez, Dieu vous pardonne, Nous épouser de force et contre la morale, Sachez que nous sommes des pupilles de la couronne Et notre père est major-général ! Samuel intimidé Prudence ! L’affaire peut tourner mal Car leur père serait major-général. Les jeunes filles Oui, c’est vrai : il est major-général ! Major-Général Oui, c’est vrai : je suis major-général ! Samuel C’est donc bien un major-général ! Tous C’est vrai ! Hourra pour le major-général ! Major-Général Et c’est une chose très délicate D’être major-général ! Tous C’est vrai ! Hourra pour le major-général ! Hourra pour le major-général ! | Mabel coming forward — Recitative Hold, monsters! Ere your pirate caravanserai Proceed, against our will, to wed us all, Just bear in mind that we are wards in Chancery, And father is a Major-General! Samuel cowed We’d better pause, or danger may befall, Their father is a Major-General. Girls Yes, yes; he is a Major-General! Major-General Yes, yes, I am a Major-General! Samuel For he is a Major-General! All He is! Hurrah for the Major-General! Major-General And it is, it is a glorious thing To be a Major-General! All It is! Hurrah for the Major-General! Hurrah for the Major-General! |
Conseils de direction musicale
Au risque de commettre un sacrilège, ce récitatif et ce chœur m’ont toujours semblé être un travail bâclé de la part de Sullivan, et la partition autographe montre des signes de remords :

Pour poursuivre le fil sur les phrases d’introduction : Samuel avait deux longueurs différentes d’introduction musicale lors de sa première entrée dans le numéro d’ouverture. Ici, comme nous sommes déjà dans la bonne tonalité, son « C’est donc bien un major‑général » n’a aucune introduction. Plus tard, dans le finale du Ier acte, Samuel a une mesure d’intro avant de chanter « Car c’est bien un orphelin ! » — celle‑ci nécessite une modulation. Mais mon opinion est que Sullivan adapte soigneusement les entrées à la situation et au rythme global, souvent en resserrant les temps morts pour maintenir le mouvement.
Le paragraphe intitulé « Conseils de direction musicale » est une traduction adaptée à la version française du livret d’un long et excellent article de Peter Hilliard, qui a dirigé de nombreuses œuvres de Gilbert & Sullivan et qui donne son analyse ainsi que de précieux conseils aux directeurs musicaux qui entreprendraient de diriger Les Pirates de Penzance. Le texte adapté ici ne représente pas l’opinion de Peter Hilliard sur la version française. Les conseils de Peter Hilliard concernent la version originale des Pirates de Penzance et sont accessibles sur son site : Gilbert and Sullivan’s The Pirates of Penzance: A Rough Guide for the M.D.).
Ceci est pour rendre hommage au travail remarquable de Peter Hilliard et à la générosité qu’il manifeste en mettant à disposition son analyse et ses conseils.