Air n° 27 : Silence ! J’aperçois de la lumière !

Le général Stanley quitte la maison.

Frédéric — Récitatif
Silence ! J’aperçois de la lumière !
C’est le major-général. Cachez-vous derrière !

Pirates : C’est lui, c’est le major-général !
Policiers : C’est lui, c’est le major-général !
Major-Général : C’est moi, le major-général !

Major-Général
Rongé d’un remords sans pareil
Pour ma supercherie,
En vain, je cherchais le sommeil
Et ça me contrarie.
Car l’homme coupable est bien puni :
L’anxiété le poursuit
Et au cœur de mon insomnie
J’ai cru entendre un bruit.

Pirates
Il a cru entendre du bruit. Ha ! Ha !

Major-Général
J’ai dû me tromper.
Tout est en paix
Et comme c’est reposant !
Instant fragile
Et si tranquille.
Ce doit être le (vent.)
Frederic — Recitative
Hush, hush! not a word; I see a light inside!
The Major-General comes, so quickly hide!

Pirates : Yes, yes, the Major-General comes!
Police : Yes, yes, the Major-General comes!
Major-General : Yes, yes, the Major-General comes!

Major-General
Tormented with the anguish dread
Of falsehood unatoned,
I lay upon my sleepless bed,
And tossed and turned and groaned.
The man who finds his conscience ache
No peace at all enjoys;
And as I lay in bed awake,
I thought I heard a noise.

Pirates
He thought he heard a noise. Ha! Ha!

Major-General
No, all is still
In dale, on hill;
My mind is set at ease.
So still the scene,
It must have been
The sighing of the (breeze.)

Conseils de direction musicale

Toute cette scène est une parodie de situations comme celles du deuxième acte des Noces de Figaro de Mozart, où les personnages ne remarquent pas (ou font semblant de ne pas remarquer) des événements complètement absurdes. Le Ha Ha ! dans ce numéro est généralement crié, ce qui rend la réplique du Major encore plus drôle. C’est en fait la troisième blague sur la surdité dans ce spectacle : la première étant la confusion Pilote–Pirate, la deuxième la scène des calembours Abandonnés-Orphelins (quiproquos Orphan–Often dans le livret d’origine).

Le paragraphe intitulé « Conseils de direction musicale » est une traduction adaptée à la version française du livret d’un long et excellent article de Peter Hilliard, qui a dirigé de nombreuses œuvres de Gilbert & Sullivan et qui donne son analyse ainsi que de précieux conseils aux directeurs musicaux qui entreprendraient de diriger Les Pirates de Penzance. Le texte adapté ici ne représente pas l’opinion de Peter Hilliard sur la version française. Les conseils de Peter Hilliard concernent la version originale des Pirates de Penzance et sont accessibles sur son site : Gilbert and Sullivan’s The Pirates of Penzance: A Rough Guide for the M.D.).

Ceci est pour rendre hommage au travail remarquable de Peter Hilliard et à la générosité qu’il manifeste en mettant à disposition son analyse et ses conseils.